Job.
Pas le boulot.
Le mec de la bible.
J’ai une quasi fascination pour Job. Il est facile de voir dans son récit l’histoire de la soumission, de la passivité, de la foi aveugle et pas loin d’être bête et bornée. J’y vois la seule histoire d’amour qui m’intéresse.
Job aime Dieu.
Il l’aime tellement que ça agace le diable. Le diable n’aime pas qu’on aime trop sincèrement, il ne veut pas y croire. Et pour prouver que Job n’aime pas vraiment Dieu mais seulement les bienfaits qu’Il lui accorde, il va le tester.
Mort de ses proches, ruine, maladie, exil, moqueries, rien ne lui est épargné.
Et Job aime quand même.
Job a autant confiance en Dieu que Dieu a confiance en son amour pour Lui.
Tant pis pour le diable.
Et tant mieux pour Job à qui tout est finalement rendu.
Je dis oui. Aveugle, bête et bornée que je peux être, j’aime et je n’ai même pas besoin de croire en Dieu pour aimer ce qui en est la source.
Je tiens l’attitude de Job pour la seule valable.
Aime, et si tu ne dois savoir faire qu’une chose que ça soit celle-là.
Je ne crois pas en la soumission, mais, et c’est heureux pour moi, je ne crois plus en la rébellion.
Aime et deal avec ce qui arrive.
Je me trouve un peu Job. Je ne sais pas si le diable a trouvé intéressant de me tester, si la roue du destin a tournée, si je paye ou suis très étrangement récompensée, mais il n’y a pas grand-chose qui m’ait été épargné depuis quelques mois.
Il y a des jours, je ne m’en cache pas, où je pleure de fatigue, de tristesse et de douleur. Je pleure dans les bras de mon Créateur à qui je n’ai rien à reprocher car j’ai avec moi tout l’amour que je peux donner, tout l’amour qui m’a été offert.
Il n’y a rien à supporter quand on aime.
La pauvreté, le rejet, ne pas avoir de toit, ne pas avoir de certitudes, être malade, ne respirer qu’à peine, les cris, les pleurs, comme autant de bourrasques, de coups de tonnerre et de pluie, je ne les supporte pas, je deal avec ce qui est, ça n’est pas un problème, c’est une douleur puis une autre et entre les deux c’est toujours la douceur.
Bref, ce que j’essaye de dire c’est que tant qu’on a peur, tant qu’on n’est pas certain de son amour et certain de sa valeur, on supporte les revers de fortune, on rentre la tête dans les épaules, on espère la fin de l’orage – quand on est pas en train de le combattre – quand on y pense, même Don Quichotte n’est pas allé jusqu’à vouloir attaquer les nuages – et on ne peut pas se douter que finalement danser sous la pluie voulait dire précisément ça.
On ne peut pas de douter de la sérénité vécue sous les coups, de la joie derrière les larmes.
Job, finalement, n’a pas tant de mérite. Il ne fait pas d’effort pour traverser les épreuves. Il aime et depuis l’amour les épreuves ne sont qu’un autre versant, sombre et difficile certes, d’une expérience amoureuse.
Je n’ai aucun doute, aucune retenue.
Je n’ai pas confiance en la vie parce que je crois qu’elle m’apportera ses bienfaits, j’ai confiance en la vie parce que quoi qu’elle m’apporte je saurai que c’est encore une expression de l’amour.
On a plus beaucoup d’argent. On a pas de maison. Pas de travail. Pas de famille. On ne sait pas où nous allons vivre et de quoi. Comment rembourser les dettes. Comment élever nos enfants. Comment vivre ensemble.
Et je suis parfaitement heureuse. Je suis avec ce qui est. Et ce qui sera est le bienvenu.
Coucou Sarah????
je découvre ce message après notre partage, et je me dit, que peut-être Dieu a un goût certain pour la littérature ????
Des bisous ❤️
les goûts de Dieu … ça ferait un joli titre en tous cas. Bisous Muriel !
S’abandonner pleinement à la vie… à la fois simple et tellement courageux pour ce qu8 en moi cherche encore à contrôler et n’arrive pas à lâcher…
je t’embrasse,,. Carine ????
Merci chère Carine pour ton commentaire. Tu sais que si tu as besoin d’aide, pour lâcher ou pas, tu peux toujours venir vers moi. Je t’embrasse.