Ne pas savoir c’est nuire.
A un certain degré je suis plutôt partisante du « tout est juste ».
Il parait, j’ai entendu dans une conversation plutôt scientifique je ne me souviens plus bien où ni quand, que les histoires de paradoxes temporels ne tenaient pas debout.
Qu’en réalité, si nous avions la possibilité de retourner dans le passé ou de faire des bonds dans l’avenir, notre intervention en un point précis de l’histoire ne la détournerait pas de son cours.
Telle une rivière elle va son chemin. Et tous les cailloux que nous pouvons jeter dedans ne font rien de plus qu’un remous passager.
En ce sens, tout est juste car l’harmonie du vivant, quelques soit nos errements, nos bêtises et nos généreuses contributions, se maintien et se déploie.
La vie est. Avec ses variations et la mort parmi elles.
La vie est et nous ne pouvons rien y faire.
Elle est juste parce qu’elle est, ce faisant tout participe d’elle, tout la nourrie et l’abreuve, tout découle d’elle, reste en elle, revient à elle.
Pour autant, au cœur de cette harmonie toute-puissante, les variations, si elles ne nuisent pas au principe du vivant et à sa course vers (une fin ? un retour ? un infini ?), peuvent nuire aux éléments.
Peuvent me nuire, peuvent te blesser, peuvent être mauvais ou bons.
Or, comment savoir ce qui est bon, ce qui est mauvais ?
Un acte en lui-même ne veut rien dire.
Il lui faut un contexte pour juger de sa valeur.
Mais tout contexte est relatif.
Ce qui est bon ici est mauvais là-bas ; ce qui me nourrit aujourd’hui me nuira demain.
Reste l’intention.
Quel désir, quelle direction, quel regard précède le geste ?
Mon intention est-elle juste, est-elle bonne ?
Je crois que le compas de l’intention ne se trouve pas la morale – trop arbitraire, trop liée au contexte – mais dans la clarté.
Quand je sais exactement ce qui m’anime et que j’agis en cohérence avec ce désir, alors, j’ai l’audace de le croire, je ne peux que faire le bien.
Mais qui connaît ses intentions ?
De combien d’histoires sont-elles drapées ? De combien d’excuses, combien d’alibis, combien de faire –valoir ?
Je dis que je veux l’être en bonne santé et je pose des actes dans ce sens.
Je mange plus équilibré, je me repose, je bouge.
Est-ce que mon intention est vraiment celle-là ?
Qu’est-ce que veut dire « être en bonne santé » pour moi ?
Et pourquoi je veux ça ?
Pour me sentir accomplie ? Alors je veux être fière de moi, pas en bonne santé.
Pour être dynamique, pleine de vitalité et d’enthousiasme ? Alors je veux aimer ma vie, pas être en santé.
Si mes actes ne sont pas corrélés à mes intentions, ils créeront du désordre.
Mes décisions de santé créeront de la contrainte et plus de maladies.
Si je donne pour me sentir important, je ne donne pas, je me sers de la détresse de l’autre pour mon bénéfice propre. Et ce faisant je lui prends plus que je ne lui donne, je crée du désordre, de l’incohérence.
Mais si je sais que je veux me sentir important, il est peu probable que je recherche la satisfaction de ce désir de la même façon.
Mon fils, par exemple, quand il veut se sentir important, invente un monde, une quête, une aventure dont il est le héros. Il crée du bonheur, il ne prend rien, il donne et c’est en donnant qu’il nourrit son besoin.
L’intention détermine tant.
C’est le regard qui nous emmène.
Où regarde-t-on vraiment ?
Magnifique… merci Sarah ????????