Exploration de l’idée fille/femme – garçon/homme, soit le passage de l’individu à l’entité.
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Enfant, fille, femme = personne, individu, entité = identité psychologique, sociale, spirituelle.
L’enfant, 1er stade, c’est la construction en conscience primaire sans possibilité de méta-conscience, de regard sur soi.
C’est la mise en place de schémas comportementaux, c’est là que se construit notre personnalité, par la rencontre d’une signature individuelle (adn, karma, construction organique unique, etc) et d’un milieu (expérience de vie, cadre social, éducation, etc)
L’enfant peut perdurer toute la vie, je ne parle pas ici de période biologique, ni même psychologique mais globale. Je parle depuis une perspective qui comprend corps-âme-esprit dans une dimension transcendante et contenante.
Ainsi l’enfant, l’être humain enfant, construit sa personnalité et fonction de son bagage de naissance et de ses expériences.
Il se forme, se module pour répondre aux besoins indiscutables à sa survie, soit :
- Besoin primaire biologique : vivre et prospérer (par une descendance ou un héritage, en tous cas aller dans le sens de la survie de l’espère)
- Besoin primaire sociale : appartenir, éviter le rejet, le bannissement, la solitude.
- Besoin primaire psychologique et moral : être une bonne personne, être en adéquation avec ses valeurs personnelles et celles de sa socioculture (la rébellion, l’opposition permet aussi cela, être contre le système c’est encore le reconnaître et en faire partie)
Il n’y a pas une stratégie pour s’assurer de répondre à ces besoins mais autant qu’il y a d’individus.
La cartographie de réalisation des besoins individuelles forme un récit symbolique présidant à nos interprétation et réactions au quotidien.
Ainsi, si j’ai inscrit dans mon schéma narratif que la solitude était une punition et une expérience de douleur pouvant conduire à la mise en échec de ma survie (parce que je l’ai vécu de manière traumatique dans ma petite enfance, ou parce qu’on m’a raconté des récits de solitude mortelle, ou parce que dans ma ligné des personnes ont été bannies ou sont morte d’isolement, ou un peu de tout), je vais répondre à toute situation qui pourrait m’amener vers la solitude avec mes mécanismes de défense : attaque, fuite, paralysie.
Une vie d’enfant c’est la vie d’un individu qui n’interroge pas ses mécanismes de survies et ses schémas narratifs et va, se considérant inconsciemment comme tout puissant, c’est-à-dire comme « le monde est tel que je le vois car il n’existe pas d’autre possible de moi » contraindre l’environnement et les circonstances (y compris lui-même) pour qu’ils répondent à ses nécessités particulières.
Passer de l’enfant à la fille/garçon c’est passer du personnage à l’individu, c’est interroger sa personnalité pour entrer dans son individualité.
Pourquoi le fait-on, à quel moment ça devient nécessaire ?
En général quand les souffrances induites par nos mécanismes de survie deviennent plus fortes que les bénéfices qu’on en retire, tout simplement.
Petit aparté, c’est pour accompagner et facilité cette transition que j’ai créé le langage symbolique personnel. Outil qui nous permet de visiter les narrations présidant à nos réponses sans se mettre en danger et sous la tutelle de l’adulte transcendant en soi – car, j’y reviendrai peut-être, la notion du parent divin, de l’adulte transcendant, est une nécessité non négociable pour la croissance de l’individu.
La phase fille/garçon
L’enfant, si les circonstances le permettent et que le choix est pris, va grandir.
Grandissant il va se rendre compte qu’une bonne partie de ses souffrances quotidiennes sont causées par sa façon de voir le monde et d’y répondre.
Il va se sentir coincé, d’abord par des contraintes extérieures, ensuite, si le processus n’est pas entravé, par la réalisation que les contraintes ne sont pas extérieures mais en lui-même, qu’il façonne les limites de son monde par les nécessités établies de sa survie.
Entrer dans l’espace de la fille, du garçon c’est d’abord réaliser intellectuellement deux choses : il y a l’adulte (la femme, l’homme) devant soi et l’enfant derrière soi.
C’est s’inscrire dans sa propre lignée évolutive.
C’est réalisé que l’on découle de, que l’on va vers. En d’autres termes, c’est réalisé que l’on est passager, transitoire, que l’on n’existe pas ontologiquement.
C’est faire l’expérience intime de cette vérité « je n’existe pas ».
Ce qui peut être un choc. Un deuil.
Car bien qu’il soit acquis que nous sommes mortel et de passage, la particularité de l’enfant est de se penser, de se vivre comme tout puissant et éternel.
Réaliser qu’il ne l’est pas est un passage qui n’est pas toujours confortable.
Passer de l’enfant à la fille/garçon c’est aussi passer d’une vie limitée par ses mécanismes de survie à une vie libérée où les mécanismes sont conscientisés et allégés de leur charge polarisante « bien/mal » et « vie/mort ».
Concrètement c’est, par un processus conscient, la capacité si l’on reprend l’exemple d’un rapport traumatique à la solitude, de dépasser cette vision pour envisager la solitude comme une expérience chaque fois nouvelle, dépendamment du contexte et de mes capacités en un point donné.
Quel est le moteur de la fille/garçon ?
L’enfant est mû par ses pulsions qui sont l’expression de sa nécessité de survivre.
La fille est mue par ses désirs qui sont l’expression de la nécessité de se saisir en tant qu’individu.
Mes schémas narratifs conditionnent un ensemble de réponses instinctives et pulsionnelles me permettant de préserver mon existence dans un monde binaire, où chaque chose est soit une menace soit une gratification.
Mes désirs conditionnent un ensemble de propositions sensibles me permettant d’exprimer mon individualité dans un monde complexe composé d’une multitude d’ensembles eux-mêmes complexes.
Ce que j’appelle désir : une direction parfaitement cohérente et congruente entre mes besoins vitaux (physique, émotionnels et psychiques) et mon milieu.
Les désirs sont des impulsions de vie non conditionnés par nos schémas narratifs. Ils se vivent dans l’ensemble corps-émotions-esprits et, quand on ne sait pas ce qu’il se passe, on va généralement parler de « suivre son cœur ».
En effet un désir qui n’est pas une volonté pulsionnelle, va nous apparaitre comme une intuition, une certitude intime, une volonté qui nous dépasse et nous amène à faire des choix différents, qui peuvent paraître irrationnels à un témoin extérieur mais qui sont en parfaite adéquation avec nos besoins et nos ressources individuelles.
Etre fille (garçon aussi, je choisi volontairement de genrer le propos car l’identité de genre fait partie intégrante de cette phase de croissance) c’est vivre sa vitalité désirante.
En même temps que l’on réalise sa dimension finie, on se définie.
Au-delà des valeurs et idéaux qui sont le plus souvent l’expression de nos pulsions de survie bien plus que de nos désirs, on commence à se reconnaître dans ses particularités et à les vivre avec grâce.
Le monde est un terrain de jeu qui nous amène la possibilité de nouveaux désirs tout en nourrissant ceux déjà existant.
Il y a une joie particulière à entrer dans cette dimension.
Bien entendu les processus d’évolution et de croissance ne sont pas linéaires, il y a un peu de femme chez l’enfant, l’enfant existe encore chez la fille.
Mais ce que j’appelle entrer dans une phase c’est quand le moteur qui préside à nos interprétation, réponses et décisions est celui de la phase en question.
A titre d’exemple, j’ai pu explorer schématiquement et intellectuellement les dimensions enfant-fille-femme depuis le socle de l’enfance.
Je peux comprendre et envisager une réalité mû par mes désirs tout en vivant mon quotidien sous le prisme de ma réalité pulsionnelle.
Devenir fille puis femme st une autre affaire, autrement couteuse et autrement gratifiante.
Vivre sur le moteur de ses désirs est particulièrement joyeux.
Les choses ne sont plus pour ou contre nous, elles sont avec nous, dans une danse, un dialogue permanent et nourricier.
C’est la période de l’individualité libérée de l’individualisme.
Je suis alors 1 parmi d’autres 1. Je suis une identité parmi d’autre et chaque ensemble échange pour la satisfaction des besoins et désirs réciproque.
Une sorte d’intelligence se laisse apercevoir, une communication subtile, telle le réseau racinaire des forêts qui fait que chaque individu émet un signal exprimant besoins et désirs, lui permettant de les combler et, de plus, cette expression elle-même est source de nourriture et de satisfaction pour les besoins des autres individus.
Si les désirs ne sont pas entravés par des injonctions plus ou moins conscientes et/ou des pulsions narratives issues de nos mémoires et schémas de survie, alors être fille c’est, profondément, être libre.
C’est faire l’expérience de la liberté.
Jeux, séduction, échanges, rencontre, libre don de soi et libre accueil de l’autre.
A se demander pourquoi on souhaiterait passer de fille à femme …
Si le passage de l’enfant à la fille se cristallise autour des douleurs induites par les comportements automatiques et pulsionnels, le passage de la fille à la femme se fait par un désir plus profond que les autres : celui de contribuer.
Le désir de construire, de participer, de déposer la gloire de son individualité pour se fondre dans l’amour de la réalisation collective.
J’aimerai assez pouvoir dire que ce passage, puisqu’il n’est pas initié par la douleur se fait dans la joie et l’acceptation mais ça n’est pas le cas.
Ce passage, comme toute naissance, est un déchirement.
Je ne peux pas parler de la femme car je ne vis pas encore complètement depuis ce socle.
Ce que je sais, puisque les choses se tissent et se préparent, que la transition, si le seuil est brutal, est, elle, amenée doucement :
L’équilibre s’inverse. Chez l’enfant je prends beaucoup et donne peu, et de manière inconsciente. Chez la fille je donne et reçoit en équilibre, en accord avec mes désirs qui sont reliés sur une intelligence autre, infiniment juste, dans un souci d’équilibre.
Chez la femme je reçois beaucoup. Le point d’attention est sur ce que je donne et c’est donc peu mais intense, concentré, avec des très grands effets, dont celui de recevoir beaucoup.
Le moteur de la femme est le discernement.
Je suis (être et suivre au passage) la clarté. Mes désirs et pulsions se vivent de façon autonomes puisque la croissance n’a pas pu se faire sans une compréhension, une régulation et un dépassement de ces mécanismes de rapport au monde et à soi.
Donc je continu, bien sûr d’avoir des pulsions mais elles ne sont plus conditionnées par mes schémas narratifs.
Je continue d’avoir des désirs mais ils ne sont plus participants d’une nécessité d’exister en tant qu’individu.
Désirs et pulsions sont désormais gouvernés par le discernent qui permet de voir au-delà de soi-même. Le discernement est le point de perspective qui me permet de me situé dans un Nous conscient.
Derrière la femme, ou peut-être dans cette phase, il y a la mère – dont je ne sais rien. Peut-être en saurai-je d’avantage dans mes vieux jours.
Car la mère (mais aussi le père), dans cette dimension archétypale, c’est la créatrice, c’est, déjà, presque dieu. Et je n’ai pas cette prétention.
A suivre, évidemment…
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