C’est à la foi une précision chirurgicale. C’est plus fin que le chas de l’aiguille. C’est la pointe de l’aiguille. C’est là, c’est avec cette précision qu’il faut se placer.
C’est à la fois cette précision qui laisse penser que l’espace est minuscule. C’est ici et pas ailleurs.
Et c’est là, seulement là, sur cet espace pas plus grand que la pointe de l’aiguille que l’immensité, l’infini, l’éternité, oserai-je dire l’éternel ? se révèle.
Etre présent, être dans sa vérité, être placé de façon à être avec le réel ça n’est pas une affaire d’à peu près.
C’est un engagement de l’être tout entier, et je veux dire, tout entier. Corps, pensées, sentiments, volonté, désir, tout ce qui me contient, tout ce que je contiens, dirigé en un seul point. Concentration.
Qui ne peut être atteinte par la rigidité. Concentration abandonnée. Concentré au point de ne plus être.
C’est renoncer à tout, accepter de bruler vif tous les attachements pour réduire le je à peau de chagrin, le faire tenir tout entier sur ce point unique de la présence.
Et là, seulement là, se dévoile le réel. Là, seulement là, on constate l’immensité.
Il y a l’expérience –mystique peut-être, de la présence.
L’acte volontaire, de concentrer son attention relâchée et de vivre l’infini. Ressentir et se dissoudre.
Et il y aussi la possibilité de vivre ainsi.
Non pas dissout, mais à la juste place, à la place précise, à la pointe d’aiguille et de vivre l’immensité du monde.
De voir ce qui nous arrive au-delà des œillères interprétatives.
De voir en deux plans.
En même temps avec l’interprétation qui donne corps et signification.
Mais aussi au-delà, en sachant que l’interprétation est une interprétation. En sachant le réel derrière l’interprété.
Il y a l’expérience qui n’est qu’union et pur amour.
Il y a l’apprentissage de la volonté libre. Du regard double et du choix-pour-de-vrai.
Qui est l’amour qui se répond.
L’expérience est très accessible.
Il y a pléthores de maîtres et d’enseignants. Il y a les mille chemins vers l’unique sommet. La danse et le souffle et les mantras et le chaud ou le froid, le religieux, le chamanique, le philosophique. Il y a la voie directe et simple du souffle vers le cœur, du cœur comme accès et il y a ensuite votre amour pour vous guider, vous reconduire là, encore et encore, jusqu’à savoir et comprendre que rien ne vous manque, que rien ne vous retiré, que vous avec, que vous faites partie.
L’expérience est accessible, elle ne demande qu’à vous accueillir.
Il suffit d’appeler, et de choisir d’aimer.
L’apprentissage est plus subtil, encore jeune, encore ébauché.
Il demande aux amoureux de comprendre l’esprit en plus du cœur.
De comprendre comment cette infini se traduit en une histoire particulière. Pourquoi cette histoire-là ? Comment a-t-elle été choisie ?
Pourquoi est-elle maintenue ?
Pourquoi prend-elle tout l’espace, efface-t-elle le chant amoureux de la présence, me fait elle vaciller, m’éloigne de la pointe d’aiguille, de l’union primordiale ?
Comprendre cela, au travers des symboles personnels, et puis, et puis, écrire une histoire autre, en collaboration étroite avec l’infini, une histoire qui ne nous éloigne plus, mais qui nous fait recréer l’amour sous ses formes imaginées.
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